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Clap de fin d'un CTF - Alain Lemaire

CLAP DE FIN D’UN C.T.F.

Clap de fin d'un CTF - Alain Lemaire

Le 6 avril 2016, j’ai quitté officiellement le Comité d’Ille-et-Vilaine de Handball.
A celles et ceux qui durant nombre d’années m’ont appris, aidé, secondé, soutenu,
supporté mon caractère bien trempé, je tiens à leur adresser un reconnaissant
"au revoir et merci pour tout".

est une page de ma vie qui se tourne.

Contrairement à ce qu’a pu écrire un ca-dre d’État, je n’ai pas le sentiment de-puis 1996, d’avoir "fait du tort au hand-ball breton", mais plutôt d’avoir essayé de le servir humblement, consciencieusement, passionnément, sans "blabla", "bling-bling", op-portunisme, flagornerie ni intérêt personnel.

Mix de bénévolat et d’activité salariée en P.I.F.O. et Bretagne, quarante années viennent de s’écou-ler durant lesquelles j’ai eu le privilège de ren-contrer au sein de la "maison" et grâce à elle en d’autres lieux, un panel de gens bien.

Simples quidams ou personnalités, ils m’ont guidé, furent mon stimulant, mon oxygène…

Éducateur "touche à tout" au service de la base plutôt que technicien estampillé de "haut rang", mon parcours ne s’est pas écrit en solo, mais avec la complicité de militants m’ayant transmis leur passion et les nobles valeurs de notre sport.
De près ou de loin, dans la durée ou pas, ils m’ont beaucoup appris, entre autres "sur le tas". Certes moins didactique, le terrain reste une formidable école de savoir faire et de solidarité.

J’ai beaucoup apprécié de collaborer, créer et par-tager les bons comme les fichus moments avec ces femmes et hommes, particulièrement atta-chants et charismatiques à souhait.

Parmi eux :

Mes deux enfants. Ils m’ont fait découvrir et ap-précier la filière féminine, permis de côtoyer le haut niveau masculin et le "bleu-blanc-rouge" des sélections nationales jeunes. Travailleurs acharnés et passionnés, ils m’ont "boosté" et furent un vec-teur fort de mon parcours.

Pour son regard extérieur, son écoute, sa faculté d’analyse, sa patience, ses conseils, ma femme a été un soutien fort précieux.

Quels qu’ils soient, clubs, dirigeants, bénévoles et salariés m’ont beaucoup apporté. Je suis très res-pectueux envers les gens de la base, altruistes pas-sionnés qui au quotidien, mettent le bleu de chauf-fe et les mains dans le cambouis pour faire tourner la "machine club" afin de répondre, de la meilleure façon possible, aux aspirations de leurs licenciés.

Incontestablement, les clubs - pas ou insuffisam-ment reconnus - sont un maillon incontournable de la bonne santé du handball. Sans leur dévoue-ment au service de tout un chacun, rien ne peut ou ne pourrait se faire : chapeau bas !

D’ailleurs, sans eux il m’aurait été impossible de mener à bien mes diverses missions. Leur collabo-ration a été ô combien déterminante à la concréti-sation et la réussite d’actions départementales.

Je n’oublie pas bien entendu le Comité qui à une époque plus propice à la créativité, m’a laissé nom-bre de cartes blanches pour entreprendre, innover et collaborer au développement de l’activité.

J’associe bien volontiers ma collègue de longue date, en phase avec mes convictions profession-nelles : être au plus près des clubs pour les servir au mieux. Ensemble, nous avons su coopérer, communiquer, se concerter, s’énerver, rigoler… Mes heures de bureau furent riches de tout.

Un clin d’oeil complice aux membres des différen-tes équipes techniques. Avec humilité, rigueur, compétence, plaisir de donner, de transmettre, ces "dingues de hand" ont bel et bien assuré. Je suis fier d’avoir partagé et appris à leur côté.
Toutefois, dire que ces décennies au service de la petite balle pégueuse furent idylliques serait men-songer, voire démagogique. Les divers microcos-mes de la planète handball ne peuvent pas être comparés au "royaume des bisounours", loin s’en faut, et mon parcours professionnel n’a pas tou-jours été un long fleuve tranquille.

Insensible au chant des sirènes et pour ne pas m’ê-tre écarté de ma route, j’ai pris quelques coups, souvent peu loyaux. Coluche non sans ironie décla-rait "L’art de dire la vérité sans mentir, c’est fermer sa gueule", ce n’est pas faux mais pas mon style, on ne se refait pas et fort heureusement, on ne peut pas plaire à tout le monde.En revanche, l’es-sentiel au sein de cet univers pas aussi "gentil" qu’on voudrait le faire croire, c’est d’avoir préser-vé ma liberté de pensée et de parole.

De cette aventure humaine parsemée d’embû-ches, je préfère garder en mémoire les bons sou-venirs, ceux du terrain, la richesse des rencontres de tous horizons, les "minots" qui m’ont tant ap-porté, la réussite d’actions novatrices partagées, ma collaboration à de biens beaux événements clubs, les regroupements confraternels, les salutai-res "coups de gueule" et débats enflammés, les fous rires de connivence entre individus ne se pre-nant pas au sérieux, mes fidèles et solidaires com-pagnons de route, les moments affectivement forts où l’émotion vous gagne jusqu’aux larmes, mes clubs du 78 et 35, les Barjots, l’Amicale, les Restos du Coeur, j’en passe et des meilleurs…

Ces délicieux moments où bénévolat et activité salariée se sont entremêlés, je les symbolise sim-plement par ces mots : passion, plaisir, partage, humilité, honnêteté, solidarité, fidélité, humour.

A ces gens de tout poil, de la "famille handball" et d’ailleurs, je les remercie car je leur dois bien plus qu’on ne croit. Je leur souhaite une bonne conti-nuation et pleine réussite dans leurs projets personnels, associatifs et professionnels.

Au revoir et merci pour tout.

Alain Lemaire